CARDINALI

L'exposition personnelle de Faust CARDINALI, "Pompei now!", présentée à la Galerie ROUTES montre ses oeuvres depuis le début de son travail "pictural".
L'expérience de proximité avec l'art d'Alberto Burri (Città di Castello) et l'héritage paternel (orfèvre) ont déclenché une première série de tableaux avec des "toiles de jute": objets trouvés, parfaits pour les enchâsser et les recouvrir de résine polyvinylique.
Nous sommes en 1987.
Les tableaux "Effe" et "Cie" sont réalisés en Italie, à San Giustino Umbro, petit pays entre la Toscane et l'Ombrie.
Pour "Watteau - Batteau" en 1990-1996, il s'agit d'un support en bois monté sur châssis en métal - supportant une superposition de couches de résine déposées dans le temps.
Le thème du voyage mélancolique apparaît - l'oubli définitif et l'apparition du "mat" et d'un "T" recouvert de résine.
Toujours sur bois, "Flou d'Altomare" de 1989 est un double effacement, car la laque nitro utilisée à l'époque est entièrement recouverte. Le tableau, l'espace pictural est finalement envahi par le champ polyvinylique. "La Grande Fenêtre" de 1987-1997 est une résine sur toile avec l'inclusion aléatoire de poussières de métaux (or, argent, cuivre), une partie de la fameuse "perte" utilisée par l'artiste dans le domaine de l'orfèvrerie.
La première série des "Paysages" apparaît dans les années 1990. Le travail prend en compte le contrat moral avec le collectionneur : le tableau une fois acquis, sera en perpétuelle évolution, gestation, couche après couche chaque année et cela jusqu'à la fin de la vie de l'artiste... ou bien le processus est interrompu et l'oeuvre se fixe selon la décision de l'artiste et du collectionneur.
Les années 2000 sont représentées par les "Certificats de liquidité". Suite à l'installation "Baptême" (une affaire liquide) en 2001, dix tableaux sont réalisés dans l'Eglise Saint- Sulpice à Paris. Un "chantier" est mis en place où s'élaborent in situ tout un processus de dix "Certificats de liquidité" au moyen de la résine posée couche par couche dans des grands cadres en métal.
Ces strates de résine atteignent un équilibre sans parvenir à l'achèvement. L'oeuvre en devenir, caractérisée par un extrême dénuement des moyens plastiques, se transforme dans le temps, au gré des interventions de l'artiste. Elle révèle des espaces sensibles et suggestifs où se côtoient la vie et la mort, le réel et l'onirique, l'oubli et la mémoire.

Le temps fait l'oeuvre de Faust Cardinali.