Chu Teh-Chun (1920-2014)

 

chu Issue d'une famille de notables lettrés, Chu Teh-Chun étudie la calligraphie dès son plus jeune âge. Il intègre l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Hangzhou en 1935, où il suit l'enseignement des maîtres férus d'art occidental que sont Lin Fengmian et Wu Dayu. Durant cette période, il fait l'apprentissage de la peinture à l’huile, découvre l'impressionnisme et se passionne pour l'oeuvre de Cézanne.

Deux années plus tard, en raison de l'invasion japonaise, l'école de Hangzhou doit se retirer à l'intérieur du pays. Pendant ce long périple de deux ans, les étudiants parcourent 4000 km avant d'atteindre Chongquing. La traversée de ces paysages fabuleux, de montagnes et de forêts restera gravée à jamais dans sa mémoire de peintre. En 1949, Chu Teh-Chun s'installe à Taipei, où il enseigne l'art à l'Université Normale provinciale de Taïwan. Il transmet ses connaissance et sa passion pour l'art européen à ses étudiants et les incite à développer leur propre style. Ouvrant des voies nouvelles, son influence sera déterminante sur ses jeunes élèves en quête de nouveauté. En 1951, aux côtés de Lee Chun-Shan, il participe à la première exposition de peinture influencée par l'art occidental, qui aura un grand retentissement à Taipei.
Chu Teh-Chun embarque pour l'Europe en 1955 et s'installe à Paris après un long voyage qui lui permet de  visiter de nombreux pays, dont l'Egypte. Il fréquente l'Académie de la Grande Chaumière et découvre la Nouvelle Ecole de Paris. En 1956 une exposition de Nicolas de Staël, qui a lieu au Musée d'Art moderne, l'incite à réfléchir au concept de non-figuration. Il trouve dans le mouvement de la peinture abstraite parisienne une nouvelle écriture, tout en restant fasciné pa la profondeur et la lumière qui émanent des peintures de Rembrandt.

Dans un premier temps, il s'immerge pleinement dans ces nouvelles influences, mais très vite, la gestuelle spontanée du calligraphe trouve à s'épanouir dans cette nouvelle expression abstraite.
Lad nature est omniprésente dans ses oeuvres, grandiose ou traduite dans toute sa modestie, Chu Teh-Chun nous en livre toutes les facettes. Il peint une nature cosmique où les éléments s'entremêlent. La fusion des couleurs s'unit à la turbulence du geste d'où jaillit la lumière.

From China to Taiwan, Les pionniers de l'abstraction, Editions Racine, 2017