istratiAlexandre Istrati est né à Dorohoi en Roumanie en 1915. Il sera ensuite naturalisé français en 1965.

Alexandre Istrati s'intéresse à la peinture dès son plus jeune âge. Il obtient une license en droite en 1937, puis dans la foulée est diplomé de l'Academie des Beaux-Arts de Bucarest. Il y côtoie Natalia Dumitresco, qu'il épouse en 1939 et avec qui il rejoint la France en 1947.

Accueillis par Constantin Brancusi, le couple découvre l'abstraction qui s'impose immédiatement à eux. « Tout ce que nous avions peint de figuratif était balayé avec une incroyable force, et ce fut une expérience sans retour » confiera Alexandre Istrati dans un entretien avec Dominique Le Buhan en 1983 à l'occasion de son exposition à la Galerie Artcurial.

Il est donc introduit à l'abstraction dès 1949 alors qu'il expose pour la première fois à Paris, à la Galerie Breteau. Il rencontre Colette Allendy qui lui présente à son tour de jeunes peintres abstraits qui veulent se confronter à l'abstraction géométrique et rigoureuse de la première génération. Ces peintres sont Soulages, Gauthier, Poliakoff, Corneille, Schneider...

Alors convaincu que l'abstraction ne peut être le fruit de théories mais plutôt une expression de la vie, Istrati peint un «art plein de vie» où sa seule contrainte est qu'il n'en a pas. Sa palette n'occulte aucune couleur et ses oeuvres, lyriques ou structurés, foisonnent toujours que ce soit par des mouvements impétueux de son pinceau ou par d'irréguliers amas de matière.

Alexandre Istrati meurt à Paris en 1991. Il partage une tombe au cimetière du Montparnasse avec Natalia Dumitresco et Constanti Brancusi.

«Rarement peinture a donné une telle impressionde la vie bourgeonnante de la matière... L'oeuvre s'anime de rythmes de plus en plus complexes qui d'un seul coup se décantent... Les couleurs puissamment pétries et maçonnées demeurent fluides et changeantes...»

 
Jacques Lassaigne, La Revue du XXe Siècle, 1960