chaissac

GASTON CHAISSAC

«Je ne me dis pas artiste, je ne me dis pas poète, mais je me sens artiste, je me sens poète parfois. Je me sens paysan. Je me sens traceur de piste, guide. Je me sens dompteur. Je me sens prêtre. Je me sens voyageur. Et je me sens surtout le spectateur d’une pièce ou tous les hommes et tout ce qui existe sur la terre, jouent un rôle. Je me sens soldat qui doit lutter pour la paix. Je me sens tout.»

Lettre de Gaston Chaissac à Raymond Queneau, mars 1946.

Gaston Chaissac est né en 1910 à Avallon, dans l’Yonne, d’un père cordonnier et d’une mère avec qui il restera après la séparation de ses parents. Après avoir fréquenté une école qui ne lui convient pas et exercé différents petits métiers, il rencontre en 1937 le peintre Otto Freundlich qui l’encourage à devenir artiste mais aussi Albert Gleizes et Robert Delaunay qui s’intéressent à son travail. Il entre rapidement dans la collection de Dubuffet qui l’expose dès 1948 avec d’autres « créateurs » du Foyer de l’art brut (qui deviendra par la suite la Collection de l’art brut). Marginal angoissé, souvent incompris par et isolé du monde parisien, Chaissac réussit tout de même à garder contact avec de nombreux intellectuels tels que, André Lhote, Aimé Maeght, André Bloc, Jean Dubuffet, Benjamin Perret, Raymond Queneau, Jean Paulhan, Michel Ragon…


Figure inclassable, autodidacte, affranchie des conventions traditionnelles, Gaston Chaissac s’initie à toutes les expressions artistiques. Sa création entière est basée sur l’expérimentation des matières et des techniques : le dessin, la peinture, la poésie et la littérature, Gaston Chaissac est un transformateur qui ne cesse de réinventer les mots, de créer des formes et de détourner des matériaux du quotidien.